PONTAUBAULT 1944 b24
NAISSANCE D'UNE AMITIE FRANCO-AMERICAINE
'' 1994 marque le cinquantenaire du débarquement, des bombardements, des combats de la Libération : le demi-siècle écoulé a laissé s'estomper bien des souvenirs. Assurément les évènements majeurs restent consignés dans les livres d'histoire ou les mémoires écrits par les stratèges, les chroniqueurs ou les historiens de métier. Mais, les péripéties vécues à l'échelle de nos villages, qui s'en souviendrait quand auront disparu les derniers survivants de ceux qui étaient encore des gamins en 1944 ? ''
Abbé Marcel LELEGARD

En hommage à mon ami disparu, à sa famille, à ses camarades rescapés et disparus, à mes parents et à tous les braves gens, qui dans l'ombre ont fait tout simplement leur devoir et contribué à notre liberté.

INTRODUCTION

Cette histoire mérite une explication. Il s'agit de deux récits parallèles d'une période vécue ensemble, période douloureuse s'il en fut pleine de risques, de contraintes et d'horreurs. Nous sommes alors dans les mois du débarquement allié en Normandie, en Juin et Juillet 1944, près d'un lieu qui, par les circonstances, est devenu célèbre. Il s'agit de Pontaubault et ses ponts sur la rivière Sélune : l'un, voie de chemin de fer, l'autre voie routière reliant la Normandie à la Bretagne. Bombardés à cinquante-quatre reprises, ces derniers résistèrent longtemps à toutes les attaques et, si le pont du chemin de fer s'effondra sous les bombes, le pont de pierre resta presque intact. Il devint le goulot par où s'engagea la glorieuse armée PATTON qui vit passer en 72 heures 7 divisions, soit plus de 100 000 hommes et une dizaine de milliers de véhicules, selon les rapports alliés.

Le premier récit est américain : son auteur et acteur est un pilote de bombardier lourd Liberator B-24, touché lors d'un bombardement sur l'aérodrome de Rennes-Saint-Jacques et abattu près de Romillé. Le pilote tenta, de toute son énergie, avec une volonté farouche mais sans moyens pratiques et sans aucune aide, de regagner les lignes américaines.

Le second récit est celui d'un français "comme les autres" qui, sur le terrain subissait cette guerre insensée sans grand pouvoir, ni relations, fort seulement de son coeur et de son bon vouloir.

De leur rencontre fortuite, forgée par le destin, est née une profonde amitié qui ne s'est jamais démentie depuis cinquante ans, même après le décès du pilote en 1989. En 1990, son mérite fut enfin reconnu par l'attribution de nombreuses décorations et notamment la "Distinguished Flying cross".
Cette amitié continue entre les deux familles.

Cette histoire, qui fut surtout écrite pour qu'enfants et petits-enfants se souviennent (voir les dates de rédaction) devait rester familiale. Si elle est publiée maintenant, c'est sur l'insistance d'amis et de proches qui, pensant que la génération actuelle doit avoir une idée de ce que fut cette guerre terrible, non seulement au travers des récits des historiens professionnels, mais aussi à partir de simples personnes de la France profonde et de l'Amérique laborieuse qui ont vécu ces événements sur le terrain.

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